Elif Shafak nous donne l’opportunité unique de voyager, sans même quitter son fauteuil. Elle nous plonge dans une Istanbul moderne, pleine de contradictions, affrontant son passé et ses traditions tout en les chérissant, mais aussi pleine d’énergie, de charme et de couleur chatoyantes.
Rien n’est jamais ni tout blanc ni tout noir pour la romancière, qui s’amuse à mettre en scène des personnages aux opinions et aux personnalités divergentes, rendant parfois le récit comique. Mais c’est aussi pour elle l’occasion d’explorer les blessures enfouies de son pays, oubliées de l’histoire turque mais transmises de générations en générations dans les familles arméniennes. Et petit à petit, elle nous montre avec doigté que nous sommes tous irrémédiablement liés par l’histoire, qu’importe où nous nous enfuyons pour y échapper.
Avec ses personnages hauts en couleurs, tous plus attachants les uns que les autres malgré leurs côtés détestables et ses ramifications labyrinthiques, à l’image des ruelles qui parcourent la nouvelle Constantinople, ce récit est juste un voyage incroyable, au cœur d’un pays et d’un peuple, au cœur de l’histoire, au cœur des gens.
Résumé de l’éditeur :
Chez les Kazanci, Turcs d’Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l’amour et parlent avec les djinn, tandis que les hommes s’envolent trop tôt – pour l’au-delà ou pour l’Amérique, comme l’oncle Mustafa.
Chez les Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés aux Etats-Unis dans les années 20, quel que soit le sexe auquel on appartient, on est très attaché à son identité et à ses traditions.
Le divorce de Barsam et Rose, puis le remariage de celle-ci avec un Turc nommé Mustafa suscitent l’indignation générale. Quand, à l’âge de vingt et un ans, la fille de Rose et de Barsam, désireuse de comprendre d’où vient son peuple, gagne en secret Istanbul, elle est hébergée par la chaleureuse famille de son beau-père.
L’amitié naissante d’Armanoush Tchakhmakhchian et de la jeune Asya Kazanci, la » bâtarde « , va faire voler en éclats les secrets les mieux gardés.
Avec ses intrigues à foison, ses personnages pour le moins extravagants et l’humour corrosif qui le traverse, La Bâtarde d’Istanbul pose une question essentielle : que sait-on vraiment de ses origines ?
Enchevêtrant la comédie au drame et le passé au présent, Elif Shafak dresse un portrait saisissant de la Turquie contemporaine, de ses contradictions et de ses blessures.
La magie envoûtante de l’imagination était périlleuse pour celui qui se devait de vivre dans le monde réaliste, et pour les êtres condamnés au silence, les mots pouvaient se transformer en poison.
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