Le Jardin des bonheurs égarés Tor Udall - Préludes Editions - Mai 2018

Quand Jonah perd sa femme, Audrey, il se réfugie à Kew Gardens pour noyer sa peine au milieu des serres tropicales et des étangs couverts de nénuphars. Il y retrouve Milly, une petite fille attachante qui l’emmène jouer dans les parterres, sous l’oeil attentif de son papa, Harry. ll y rencontre Chloé, artiste décalée au crâne rasé, passionnée d’origami et en pleine préparation d’une grande exposition pour Kew. A travers ses différentes rencontres, Jonah fait progressivement la lumière sur le décès de sa femme, alors même qu’il apprend petit à petit à aller de l’avant.

Un homme ayant perdu son épouse, une jeune femme à la recherche de reconnaissance, qui se jette, avec retenue certes, dans ses bras… Rebecca, de Daphné du Maurier, n’est pas très loin, le côté angoissant en moins. Ici, c’est avec délicatesse que le deuil et la reconstruction après la perte sont évoqués, dans le décor charmant et inspirant des Kew Gardens. La figure impalpable d’Audrey plane sur tous les personnages tout au long du récit, avec ses non-dits et ses petits secrets. C’est à travers elle, cette femme décédée mais encore omniprésente que nous découvrons petit à petit les véritables motivations, les raisons d’être de ces différents personnages qui croisent la route de Jonah, des personnages bien atypiques qui nous laissent pensifs.

Comment ne pas dire « Je t’aime ». Les mots peinent à sortir ; le silence est douloureux. Elle les retient, les empêche de franchir ses cordes vocales. Ne respire pas, sinon tu vas haleter ; ne soupire pas, sinon tu vas crier. Mords-toi les lèvres, boucle-la. Je t’aime. Elle n’a pas d’autres mots que ceux-là.

Tor Udall nous amène avec doigté vers cette intrigue surprenante, elle nous berce de son style agréable et rafraichissant, de ses descriptions sensorielles et rêveuses, jusqu’à bouleverser nos repères, questionner nos certitudes et renverser nos convictions. Nous, lecteurs, profitons avec délice de cette balade dans Kew Gardens, de cette bataille amoureuse entre les protagonistes, jusqu’à ce que tout commence à basculer et qu’un pli soucieux barre notre front. Est-ce seulement possible? Une fois passé ce basculement, nous n’avons plus qu’une hâte : avoir le fin mot de cette belle histoire !

Merci aux Editions Préludes pour cette charmante découverte !


Résumé de l’éditeur :

Audrey était l’épouse, l’amour et la meilleure amie de Jonah. Mais la jeune femme est brutalement décédée, et Jonah ignore comment vivre après ce drame. Il ne trouve de réconfort que dans les luxuriants et paisibles Kew Gardens, qu’Audrey adorait tant. Au fil des jours, Jonah y rencontre d’intrigants personnages : Chloe, une artiste passionnée hantée par un secret et par les gracieux oiseaux de papier qui naissent entre ses mains, Harry, intrépide jardinier chargé de prendre soin des plantes, et enfin Milly, une fillette de huit ans qui promène un peu partout sa bonne humeur.
Tandis que Jonah lutte contre ses démons, les mystères se multiplient. Où sont les parents de Milly ? Qui est réellement Harry ? Le journal intime d’Audrey, que Chloe découvre, pourrait les aider à dénouer les fils de l’écheveau qui s’est tissé dans les allées des jardins…
Un ballet de personnages d’une élégance rare, le décor splendide des parcs londoniens, la délicatesse des origamis…
Enchanteur, subtil et puissant, Le Jardin des bonheurs égarés  offre une bouleversante histoire d’amour et de perte.


Il se dit qu’il devrait exister un endroit où les gens pourraient déposer ce qu’ont récupéré ou sauvé de l’oubli. Pas uniquement des objets : des bribes de langues inusitées, des heures mal employées ou qu’on ne pourra revivre. Un lieu où réunir les croyances perdues au même titre que les clés, les gants et les lettres d’amour pas envoyées. On y trouverait des espèces animales éteintes, des légendes oubliées, des rayonnages entiers de chansons pas terminées, des livres en rupture de stock, des textes effacés. Ce serait un coffre-fort d’émotions furtives – le premier fard amoureux, le parfum inimitable d’une journée ensoleillée. Au milieu des laisses de chien, des téléphones et des chapeaux, il y aurait aussi les enfants qui ne sont jamais venus à terme. On sauvegarderait la mémoire des occasions ratées, des amis perdus de vue, du sourire d’une épouse. Un refuge pour les objets égarés.

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