Ta vie ou la mienne, Guillaume Para, 68 premiĂšres fois Hiver 2018 Premier roman

ïżŒđŸ“– 68 PremiĂšres Fois – Hiver 2018

Hamed est jeune, talentueux, atypique. Il a trouvĂ© le meilleur ami qu’on puisse avoir, François, il a gagnĂ© l’amour de LĂ©a, la plus belle fille de la classe et il voit peu Ă  peu son rĂȘve de devenir footballeur professionnel devenir une rĂ©alitĂ©. Une fois le bac en poche, Hamed se pense bien loin de Sevran, et de la violence dans laquelle il a grandi avant d’ĂȘtre recueilli par son oncle et sa tante. Pourtant, celle-ci n’est jamais bien loin, prĂȘte Ă  faire sombrer sa vie dans un cycle vicieux interminable…

Un homme est-il poursuivi toute sa vie par des origines ? Peut-il seulement espĂ©rer y Ă©chapper ? Ta vie ou la mienne est un roman sur le dĂ©terminisme social, sur la rĂ©ussite et l’Ă©chec, sur l’amour et les sacrifices qu’il entraĂźne. Un livre profond, juste et puissant sur la vie et ses Ă©cueils, sur les hommes et leur intĂ©gritĂ©, sur la famille et son lien inaltĂ©rable. Non, ce n’est pas juste une histoire de foot, une histoire de jeune de banlieue devenue star du ballon rond, c’est beaucoup plus que ça. C’est l’histoire d’un rĂȘve et de sa destruction violente, l’histoire de la survie d’une homme qui n’a plus aucune raison de vivre. C’est un livre qui nous montre Ă  quel point la vie peut ĂȘtre belle et magique, mais aussi injuste et tragique.

Avec un style simple et vrai, Guillaume Para nous raconte l’histoire de cet homme qui a tout sacrifiĂ© par amour, sans jamais espĂ©rer de rĂ©demption. Les personnages sont vibrants de rĂ©alisme, d’honnĂȘtetĂ© et d’Ă©motions, nous surprenant mĂȘme parfois par leur humanitĂ©. Ils nous touchent au cƓur, et restent avec nous encore longtemps aprĂšs que nos yeux aient lu le dernier mot, de la derniĂšre page. Chapeau bas Ă  l’auteur pour son dernier chapitre, il a rĂ©ussi Ă  m’arracher une larme.


RĂ©sumĂ© de l’Ă©diteur :

Hamed Boutaleb naĂźt Ă  Sevran, en Seine-Saint-Denis. Orphelin Ă  l’ñge de huit ans, il part vivre chez son oncle et sa tante Ă  Saint-Cloud, commune huppĂ©e de l’Ouest parisien. Pour la premiĂšre fois, une existence sans adversitĂ© s’offre Ă  lui. Hamed saisit sa chance et s’épanouit avec une passion : le football. Il brille dans le club de la ville, oĂč il se lie d’amitiĂ© avec l’un de ses coĂ©quipiers, François. À seize ans, le jeune homme tombe amoureux de LĂ©a, qui appartient Ă  un autre monde, la haute bourgeoisie. L’amour passionnĂ© qui les lie dĂ©fie leurs diffĂ©rences et la mystĂ©rieuse tristesse qui ronge l’adolescente. Hamed touche du doigt le bonheur, mais celui-ci vole en Ă©clats lorsque la jeune fille lui avoue que son pĂšre la viole depuis ses douze ans. Une nuit, le pĂšre de LĂ©a est blessĂ© au cours d’une agression. Il en restera paralysĂ©. Hamed est rapidement mis en cause avant d’ĂȘtre incarcĂ©rĂ©. En prison, oĂč il passera quatre ans, la violence devient sa seule alliĂ©e. Par instinct de survie, il refuse de revoir LĂ©a. Lorsqu’elle accouche d’un petit Louis, c’est François qui offre son rĂ©confort Ă  la mĂšre et l’enfant, tandis qu’en dĂ©tention Hamed sombre dans la haine et la colĂšre. Hamed et LĂ©a se retrouveront, quelques annĂ©es aprĂšs. Mais leur amour, toujours prĂ©sent, suffira-t-il Ă  les rĂ©unir?


Ecoute, on ne va pas se mentir : ça ne sert Ă  rien d’essayer tous les deux. Toi aussi tu me plais, t’es la plus jolie fille de ce putain d’endroit, mais ça ne marchera pas. Tu sais pourquoi ? Parce que les jeunes de banlieue, leur vie pue, et tu t’en rendras compte bien assez tĂŽt. Ça pue la merde dans nos cages d’escalier, nos parents puent la sueur quand ils rentrent du boulot, nos salons puent le dĂ©sodorisant pour chiottes. Moi-mĂȘme, je pue la dĂ©faite. Tu crois qu’ĂȘtre pauvre, c’est quoi? Etre pauvre, ça pue, et ça a un goĂ»t, celui du sang dans ma bouche quand mon pĂšre me tabassait. Je veux pas te faire pleurer LĂ©a, mais circule, y a rien Ă  voir. Toi et moi, ça pue le malheur.

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