Dévorer le ciel, Paolo Giordano, Editions du Seuil, Grand Prix des Lectrices Elle 2020, The Unamed Bookshelf🙋🏼Grand Prix des Lectrices Elle 2020

Jusqu’où l’amour et la haine peuvent-ils mener ? C’est l’exploration de ces sentiments insidieux que nous propose ici Paolo Giordano, avec son nouveau roman, Dévorer le ciel. Teresa, Nicola, Bern et Tommaso se rencontrent, se rapprochent, s’éloignent pour mieux se retrouver tour à tour, malgré les difficultés, les guerres intestines, les drames. Ils sont liés par leur enfance et leurs idéaux, pourtant la fracture entre eux n’en est que plus grande, quand le passé revient à la charge. C’est une histoire à fois belle et tragique que celle de cette famille recomposée et décomposée, pleine de failles mais toujours à la recherche d’un paradis perdu, celui de la nature.

Paolo Giordano nous entraîne dans une série de retours en arrière et de sauts en avant, de l’adolescence à l’âge adulte de nos protagonistes, illustrant avec brio les incohérences de la vie, ses rebondissements absurdes, et notre incapacité à prévoir ce qu’il arrivera demain. Teresa raconte, tout en essayant de reconstituer avec l’aide de Tommaso les zones d’ombres dans leur histoire, toutes ces choses qu’elle ignorait mais qui ont joué un rôle déterminant dans le dénouement de leurs vies. L’auteur nous maintient longtemps dans l’expectative, on ne comprend rien, mais on est fascinés par ces personnages denses et complexes, par les chemins tortueux qu’ont pris leurs vies, par les hasards qui les ont réunis, encore et encore. On est fascinés par leur flamme, leurs convictions et leurs choix, celui de s’élever contre le capitalisme et la destruction de la nature notamment. C’est une autre vie que nous entrapercevons à travers l’histoire de Teresa et des trois « frères » : celle d’un renoncement à la société de consommation, une vie d’engagement et de travail de terre, une vie exigeante et simple, un retour aux sources. C’est ce choix de vie, cette volonté de s’opposer et de lutter, qui déclenche tout le reste, même si parfois, elle reste en périphérie de leurs vies.

J’ai dévoré ce roman, comme nos personnages ont dévoré le ciel, avec conviction, passion et curiosité : c’est un livre fort et intelligent, qui ne laisse pas indifférent.


Résumé de l’éditeur:

Dix ans après La Solitude des nombres premiers, un adieu à la jeunesse, un bouleversant roman d’amour et d’amitié.

Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles. Une nuit, elle voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s’appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont « ceux de la ferme » d’à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs.

Teresa l’ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l’unissant à ces trois « frères » pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspirations et désillusions. Fascinée par Bern, personnage emblématique et tourmenté, viscéralement attaché à la terre somptueuse où il a grandi, elle n’hésitera pas, malgré l’opposition de sa famille, à épouser ses idéaux au sein d’une communauté fondée sur le respect de la nature et le refus du monde matérialiste, à l’image de la génération des années quatre-vingt-dix, tiraillée entre le besoin de transgression et la soif d’appartenance, mais entièrement tendue vers l’avenir, avide de tout, y compris du ciel.


Au cours de ce mois d’août, Bern examine le moindre repli de mon corps, d’abord avec ses doigts, puis avec sa langue. À certains moments, j’étais tellement gênée et épuisée par l’excitation que je ne savais plus où se trouvaient sa tête, sa bouche, ses mains. La première fois, j’empoignais son sexe et le guidai entre mes jambes car il semblait paralysé de peur. Je n’étais jamais sortie avec un garçon, et en un seul été il me prit tout ce qu’il y avait à prendre.

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