Le petit-fils Nickolas Butler Editions Stock The Unamed BookshelfLyle Hovde est un vieil homme simple, appréciant la vie telle qu’elle lui a été donnée, les amis qu’il a eu la chance de rencontrer et la famille qu’il a réussi à constituer avec Peg. Depuis peu, cette famille tourne autour d’un petit être, Isaac, leur petit-fils bien aimé. Ce tableau idyllique commence toutefois à se gâter quand Shiloh, la mère du petit, se rapproche de plus en plus d’une communauté religieuse aux croyances exacerbées et aux pratiques pour le moins inhabituelles.

Malgré une quatrième de couverture laissant entrevoir une sorte d’intrigue policière, ce roman est tout sauf haletant – c’est un roman doux et calme, à l’image de son protagoniste principal, un roman où l’intrigue se dénoue pas à pas, lentement, jusqu’à la chute, déjà pressentie dès les premiers chapitres. Plus qu’un récit centré autour d’une intrigue prépondérante, c’est un livre qu’on lit pour la réflexion et l’atmosphère qu’il propose à son lecteur. C’est en effet d’abord un questionnement sur la foi, d’où le titre original « Little Faith« , plus pertinent à mon sens, un questionnement sur la religion, la nécessité de croire et la possibilité d’un entre-deux entre la croyance aveugle et l’athéisme. En s’inspirant de faits réels, Nickolas Butler montre les limites de la foi, comme ses bénéfices, dans les moments de doute.

C’est ensuite un roman avec une atmosphère particulière, celle d’une petite ville en déclin du Wisconsin, habitée majoritairement par des personnes âgées ayant passé leur vie entière à arpenter les mêmes rues. C’est l’Amérique profonde, celle qui n’est pas forcément glamour ni intrigante mais qui donne envie de renouer avec les choses simples de la vie : marcher la nuit dans la neige, faire des courses dans un supermarché, travailler le bois pour faire plaisir aux autres, comme Lyle.  Je salue le lyrisme de l’auteur qui, grâce à son style imagé et fluide, fait de ce livre une ode à la lenteur de vivre, et à la beauté des choses simples : la nature, l’amitié, la famille.


Résumé de l’éditeur:

Après trente ans à travailler dans un petit commerce, Lyle vit désormais au rythme des saisons avec sa femme Peg, dans leur ferme du Wisconsin. Il passe ses journées au verger où il savoure la beauté de la nature environnante. Leur fille adoptive, Shiloh, et leur petit-fils bien aimé, Isaac, se sont récemment installés chez eux, pour leur plus grande joie.

Une seule ombre au tableau : depuis qu’elle a rejoint les rangs des fidèles de Coulee Lands, Shiloh fait preuve d’une ferveur religieuse inquiétante. Cette église, qui s’apparente à une secte, exige la foi de la maison entière et Lyle, en proie au scepticisme, se refuse à embrasser cette religion. Lorsque le prédicateur de Coulee Lands déclare qu’Isaac a le pouvoir de guérison, menaçant par là-même la vie de l’enfant, Lyle se trouve confronté à un choix qui risque de déchirer sa famille.

Interrogeant les liens filiaux, la foi et la responsabilité, Le Petit-fils dépeint avec justesse, tendresse et amour le combat d’un couple de grands-parents prêts à tout pour leur petit-fils.


« Comment se fait-il, avait ruminé Lyle toute la soirée, que ce garçon ait percuté mon camion alors que pendant toute l’heure suivante – peut-être plus, qui sait ? – pas un seul véhicule n’avait circulé sur cette route ? Pourquoi leurs chemins s’étaient-ils croisés ? Et comment cette balle, cette balle perdue, avait-elle touché le bon docteur et mis fin à ses jours ? Comment se fait-il que je sois ici ? se demandait Lyle. Qu’est-ce qui m’a fait trouver Peg ? Qu’est-ce qui nous a fait trouver Shiloh ? Et si ce n’était qu’un rêve à grande échelle ? Comment est-il possible que tout cela soit dû au hasard, aux aléas, à un superbe accident cosmique ? Comment ? »

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