2030 seulement, et la planète est à l’état critique : les saisons sont complètement déréglées, les chaleurs suffocantes et insupportables et les averses violentes et interminables. Une famille dysfonctionnelle continue à vivre, tant bien que mal, chacun enfermé dans ses problèmes, subissant les assauts de la météo. Greg, l’oncle veuf, réfractaire au changement et amateur de Porsche, se découvre une conscience quand sa nièce Lucie commence à s’engager dans la lutte écologiste aux côtés d’une certaine Véra, dont il ne peut décrocher le regard.

Pourtant amatrice de la plume particulière de Philippe Djian, découverte dans Sotos, je suis restée ici en dehors de l’histoire, qui m’a semblé très floue, plutôt décousue et assez incompréhensible. J’ai trouvé intéressante l’atmosphère pesante du récit, reflet de la servitude nouvelle de l’homme à la nature et à ses caprices, après tant d’années d’asservissement des éléments à la volonté humaine. Pour autant, j’ai refermé ce livre en ayant l’impression de ne pas avoir tout compris, notamment l’utilité des innombrables scènes de sexe, qui ne semblent pas apporter grand chose au récit au premier abord. A part son rôle dans l’imagination d’Anton, l’idylle entre Véra et Greg a-t-elle véritablement un impact sur ce dernier et son élan de rébellion ? Impossible de savoir, Philippe Djian passe très vite sur de nombreux éléments, gardant le contexte réel de l’histoire dans une opacité déroutante, tout en nous donnant l’impression que celui-ci est crucial pour notre compréhension du récit, voire allégorique dans la vision du monde que l’auteur nous propose.

Avis mitigé donc, pour ce roman que je me faisais une joie de découvrir, mais qui m’aura laissée perplexe.


Résumé de l’éditeur:

Un matin, Greg tombe sur un reportage vieux de dix ans sur le combat, en 2019, de « la jeune femme aux nattes ». Lui se sent pris en étau entre Anton, son beau-frère, pour qui il vient de falsifier les résultats d’une étude sur un pesticide, et Lucie, sa nièce, engagée dans une lutte écologique. Quand elle lui présente Véra, sa vision du monde s’en trouve ébranlée.
Six personnages se croisent dans ce roman de légère anticipation. Que s’est-il passé pour qu’en dix ans le monde poursuive son travail de dégradation ? Est-ce par paresse, impuissance ou égoïsme que les membres de cette famille ont laissé s’abîmer leurs vies et le monde qu’ils habitent?


Elle faisait partie des quelques éditeurs qui s’entêtaient à publier des livres, des textes écrits sur du papier, qu’on pouvait tenir en main, qu’on pouvait respirer, dont les pages pouvaient être tournées, cornées, annotées, des livres qu’on pouvait attraper sur une étagère un jour de vague à l’âme et serrer contre soi. Ralph, par exemple, lire sur un écran ne le gênait pas. Ils avaient eu de vraies disputes sur le sujet et ni ni l’autre n’avait bougé de ses positions. Mais déjà, elle ne l’aimait plus vraiment.

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