Paris-Beyrouth Jacques Weber Cherche midi éditeur The Unamed Bookshelf Liban Autobiographie

Paris-Beyrouth, c’est l’histoire d’un homme que le succès a rendu muet et à qui la guerre va rendre sa voix. Loin de l’image romantique des conflits hollywoodiens, Jacques Weber nous partage dans ce livre son expérience de la guerre civile libanaise, lui qui a été assez inconscient pour aller y tourner un film. L’insalubrité, le bruit des tirs, les moments d’angoisse pure, la peur et les doutes, il nous confie tout ça, brute de décoffrage, comme s’il y était encore. Derrière les lignes, c’est l’acteur qui nous parle, de cette voix éraillée que l’on connait si bien, en nous confiant ses impressions, ses pensées, ses ressentis. Au beau milieu de cette guerre qu’il ne comprend pas très bien, caché comme un enfant impuissant derrière sa femme qui prend tout en main, Jacques Weber retrouve l’urgence de vivre, savourant tous les petits plaisirs décuplés par la proximité du danger, comme il l’expliquera plus tard sur Arte.

Ce que j’ai trouvé intéressant dans ce livre, c’est le témoignage à coeur ouvert qu’il nous offre. Ce n’est pas un grand roman sur la guerre civile libanaise, ni le récit palpitant d’un homme qui lutte pour sa vie. C’est l’histoire vraie d’un couple comme les autres qui se retrouve dans une situation inédite et franchement dangereuse, et qui trouve le courage de rester là, dans une ville coupée en deux par la guerre, parce qu’une bande de Libanais un peu dingues ont réussi à les embarquer dans leur projet fou et à s’attirer leur amitié. Alors oui, c’est un livre sur la guerre civile au Liban, mais c’est surtout un livre sur la simplicité des rapports humains quand ils sont ramenés à l’essentiel et sur ce que tout un chacun peu accomplir pour qu’il y croit suffisamment fort.

Je ne pourrais pas dire que j’ai adoré ce livre, ce n’est pas vrai – il n’a pas su me transporter comme d’autres l’ont fait. Mais il m’a donné un aperçu très vrai d’une époque que je n’ai jamais connue, d’un pays que je n’ai jamais visité et d’un conflit que j’espère ne jamais voir. Il ne m’aura pas permis de comprendre la guerre civile libanaise, mais il m’aura donné une idée de ce que c’était de vivre là-bas à ce moment-là, et de la chance que j’ai de vivre dans un pays où la guerre n’existe plus.


Résumé de l’éditeur:

Jacques Weber triomphe dans Cyrano, à Mogador. Soudain, il perd sa voix. Perdre sa voix, n’est-ce que « dans la tête », comme lui répètent les médecins ?
Il se voit alors proposer deux mois de tournage au Liban, en pleine guerre. Il faudrait quitter Christine et leur petit garçon… Ne serait-ce pas fou, inconscient, improbable ?
Christine l’accompagne finalement, à Beyrouth, où la mort est un bruit persistant. Le café blanc, la danse des mouchoirs, le parfum du jasmin, n’ont très vite plus rien de pittoresque ; il faut s’habituer aux grondements de la montagne, aux tirs en rafales, aux joutes avec des kalachnikovs.
La survie s’installe dans les chairs du couple. Le « rat dans la gorge » est bien petit face à l’urgence de vivre.


J’ai l’estomac dans les chaussettes, le coeur qui me défonce la cage thoracique. Un type en croco, entre Don Corleone et 007, me paye en petites coupures pour un fil où on tire à balles réelles, dans une ville à moitié par terre, et tout ça pendu dans le vide, dans un oeuf qui cliquette, grince et tremble comme une guimbarde des années trente. C’est dérisoire, rigolo, pourtant. Me voilà acteur funambule dans un film qui s’appelle Une vie suspendue !

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