Pourquoi pas la vie Coline Pierré Editions de L'Iconoclaste The Unamed Bookshelf

Et si Sylvia Plath, héroïne tragique des luttes féministes, avait échoué à se donner la mort en mettant la tête dans son four ? Et si elle s’était relevée de cet épisode dépressif, si elle avait donné corps à son envie d’écrire une comédie musicale, si elle avait reconstruit sa vie ? C’est ce que nous propose d’imaginer Coline Pierré avec ce livre résolument optimiste, libérateur et positif, bien qu’il commence sur une tentative de suicide. Entourée de femmes aux idées bien arrêtées, portée par l’amour de ses enfants et son élan artistique, soutenue par l’amitié d’Al, Sylvia Plath se relève, avance, détruit un à un les obstacles qui l’empêchaient de s’épanouir en tant que femme, poétesse et mère – et nous offre au passage une saré leçon de vie.

Sylvia Plath, c’est l’illustration même des carcans qui ont pesé, et pèsent parfois encore, sur les femmes en quête d’indépendance, de liberté et d’affirmation de soi. Mariée à un homme omniprésent, mère de famille par convention, Sylvia vit dans l’ombre de ceux auxquels elle a sacrifié sa vie – et sa fin tragique n’est que la suite logique de cette existence empêchée, contrainte, réduite à l’insuffisance de soi. Quelle bouffée d’air alors quand un autre dénouement nous est proposé ! Coline Pierré ne cherche pas à minimiser l’état dépressif de Sylvia, ni à le sublimer en lui attribuant les miracles de la création artistiques. Elle est juste, honnête et transparente, tout en nous montrant que la dépression de son personnage n’est pas une fatalité, et que Sylvia peut, en se donnant du temps, remonter la pente.

C’est finalement un formidable roman de résilience, que nous offre ici Coline Pierré. Elle nous montre la puissance des femmes, leur capacité à se réparer elles-mêmes et les autres, à rebondir même après sept ans de mariage et deux enfants, à créer dans une grande diversité de genres, à être pleinement elles-mêmes, avec toute la complexité qu’elles portent en elles. C’est un livre qui fait aimer la vie, qui donne envie d’avancer, de se battre pour ce qu’on est et ce qu’on aime – le genre de lecture qu’il faut toujours garder près de soi. Merci Coline Pierré pour ce texte qui, moi aussi, m’a aidée à envisager un autre avenir.


Résumé de l’éditeur :

Un destin tragique
Durant l’hiver 1963, à Londres, Sylvia Plath, jeune poétesse virtuose, vit seule avec ses deux enfants. Séparée de son mari, Ted Hughes, un poète de renom, dont la carrière a toujours primé sur la sienne, tiraillée entre son rôle de mère et son désir de liberté, elle ne cesse de tomber malade. Un matin, rongée par la solitude et le désespoir, elle met sa tête dans le four et meurt, intoxiquée par le gaz. Elle avait trente ans.

Une femme qui fait le pari de la vie
Coline Pierré choisit de renverser son destin : sous sa plume, Sylvia Plath est sauvée in extremis. Au fil des quatre saisons qui structurent le roman, la poétesse retrouve le goût de l’écriture, impose au père de ses enfants la garde alternée, suit une thérapie et participe à un projet fou : l’adaptation de son unique roman, La Cloche de verre, inspiré de sa dépression, en comédie musicale. Avec cette mise en scène radicalement joyeuse et libre, elle signe sa revanche sur la vie.

Un emblème des combats féministes d’aujourd’hui
Sylvia Plath est le symbole d’une vie empêchée par les contraintes qui pèsent sur les femmes, même si elle a toujours été habitée par une insatiable frénésie d’écrire. Ce roman répare une injustice en la libérant du joug masculin et en lui permettant de donner libre cours à sa puissance créatrice.


Après tout, à quoi sert la littérature si ce n’est pas à commettre cet acte irrationnel : inventer des réalités alternatives à partir de la matière du monde, donner un voix à celles et ceux qui n’en ont pas, déposer des pansements de mots sur les injustices, habiller d’un corps les fantômes, projeter les souvenirs en Technicolor, déclamer notre amour à celles et ceux qui ne peuvent plus nous entendre.

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