Il existe de nombreux romans sur la Seconde Guerre Mondiale et les crimes perpétrés par le régime nazi. Pour autant, Gaëlle Nohant signe ici un récit unique, en explorant l’Histoire du point de vue d’une employée de l’International Tracking Service, institution chargée de retrouver la trace des disparus, déportés et autres victimes du IIIème Reich. Chargée de restituer des objets leur ayant appartenu à leurs descendants, Irene plonge au coeur de l’Histoire, de l’âme humaine et de l’atrocité pour reconstituer les destins brisés de ces hommes et femmes qui ont vécu l’enfer, et qui, parfois, en ont triomphé. Associant faits historiques, témoignages fictifs de rescapés, voyages à travers l’Europe, et introspection éclairée, elle nous entraîne dans une incroyable aventure dans le passé.

Après avoir dévoré La femme révélée et La part des flammes, je ne doutais pas que le dernier roman de Gaëlle Nohant allait me plaire. Une fois de plus, elle a réussi à extraire, de ses importantes recherches documentaires, une histoire pleine d’humanité, d’espoir et d’émotion, en touchant un sujet des plus difficiles à traiter. Sans tomber dans le pathos, elle nous éclaire encore un peu plus sur les persécutions nazies, des froids assassinats de Treblinka à la germanisation des enfants volés à l’Est par le Lebensborn. Elle questionne le devoir de mémoire et de réparation, parfois difficile à accomplir, surtout pour ceux qui découvrent après coup l’histoire tragique de leurs proches, comme c’est le cas ici.

Le bureau d’éclaircissement des destins est un récit dense, intense et exigeant, superbement porté par la plume sensible de Gaëlle Nohant, qui nous amène à travers son texte au plus profond de l’âme humaine. Chaque personnage de ce livre nous transporte, et pourtant ils sont nombreux à parler à travers ces pages, à livrer à Irène un peu de leur histoire. Bien qu’elles soient toutes fictives, leur vraisemblance leur donne une épaisseur littéraire rare et il est difficile de les quitter une fois la dernière page tournée.


Résumé de l’éditeur :

Au cœur de l’Allemagne, l’International Tracing Service est le plus grand centre de documentation sur les persécutions nazies. La jeune Irène y trouve un emploi en 1990 et se découvre une vocation pour le travail d’investigation. Méticuleuse, obsessionnelle, elle se laisse happer par ses dossiers, au regret de son fils qu’elle élève seule depuis son divorce d’avec son mari allemand. 
A l’automne 2016, Irène se voit confier une mission inédite : restituer les milliers d’objets dont le centre a hérité à la libération des camps. Un Pierrot de tissu terni, un médaillon, un mouchoir brodé… Chaque objet, même modeste, renferme ses secrets. Il faut retrouver la trace de son propriétaire déporté, afin de remettre à ses descendants le souvenir de leur parent. Au fil de ses enquêtes, Irène se heurte aux mystères du Centre et à son propre passé. Cherchant les disparus, elle rencontre ses contemporains qui la bouleversent et la guident, de Varsovie à Paris et Berlin, en passant par Thessalonique ou l’Argentine. Au bout du chemin, comment les vivants recevront-ils ces objets hantés ?


Le bureau d’éclaircissement des destins, c’est le fil qui unit ces trajectoires individuelles à la mémoire collective de l’Europe. Une fresque brillamment composée, d’une grande intensité émotionnelle, où Gaëlle Nohant donne toute la puissance de son talent. 


Le camp lui a appris que la liberté commence au fond de soi. Il faut se défaire d’un sentiment d’impuissance, repousser la peur. La liberté se fraie un chemin à travers les murs les plus épais, mais elle oblige à se hisser à sa hauteur. Une fois engagée sur cette voie, il n’y a pas de retour en arrière.

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